PREMIÈRE PARTIE :
C’était un jour de du mois de Juillet comme ce mois-ci, une journée de plomb ou le thermomètre bâtait le record. C’était une journée de canicule ou on ne voit aucun oiseau en vol, certains habitants de Ouarzazate surtout ceux du centre faisaient la grâce matinée au cours d’un temps paisible, serein qui n’est cassé que par le son des tambourins et du tambour qui résonnent de très loin venant à priori d’un douar limitrophe où se déroule une fête de mariage depuis la veille. Comme d’habitude certains enfants de la caserne de Mobil se désaltèrent ou nagent à la seguia venant de Tifoultout dont l’eau est saumâtre qui passe sous un pont ou la route mène à souk Elhad devenu palais des congrès, alors que d’autres jouent au damier sur la clôture de l’école régionale sous l’ombre des muriers. La vie était très simple à Ouarzazate, ville enclavée dans cette région du Sud Est ou la chaine de l’Atlas constitue une barrière naturelle avec l’autre Maroc ou la vie est menée d’une autre manière :Précipitations, embouteillage, vacarmes, loisirs, boutiques bien garnies, logistiques, trains, bus, bateaux autant de choses que les Ouarzazis ne voient qu’au cinéma et dans leur rêves.
Ouarzazate était une ville paisible, parcouru de bout en bout c’est-à-dire du portail de TASSOUMAAT au portait de SIDI DAOUD, par l’avenue la plus longue du royaume, l’avenue Mohamed V baptisé en son nom après sa visite en 1958. Le Centre-ville est appelé CANTINA en référence à l’existence de la cantine de DIMITRI qui existe toujours et à celle de Madame MARIUS transformée en café Aljanoub d’Akennouch fermée actuellement. Ce centre est également appelé par la population de la région ou des autres quartiers tel Taourirt Sidi Daoud Tigammi lajdid et Edakhessene ELKOCHLA à cause de l’existence des casernes militaires dans ce secteur. Pour les militaires ce centre est appelé Village ou plus précisément « FILAGE » en jargon local.
En ce mois de juillet, quelques véhicules de touristes circulaient qu’on s’amusait de compter, d’ailleurs à Ouarzazate le nombre de véhicules se comptait sur le bout des doigts dont les propriétaires sont plus au moins aisés, la plus part, des gens pratiquaient la marche dans leurs déplacements, le vélo, parfois la moto qui venait de voir le jour avec la mobylette ou tout simplement les équidés. 
La pauvreté malgré le sourire est forte apparente dans les visages grillés par le soleil et les mains fissurés par la dureté du travail agricole de ces gens qui commencent à remplir le vide pour étaler leurs marchandises mises à la vente dans le seul marché du centre. 
En effet, au cours de cette période une cohabitation et d’entraide règne dans tous les quartiers entre musulmans, chrétiens, juifs et les maisons étaient ouvertes à tout le monde. Certes, on n’a jamais montré quelqu’un du doigt pour sa confession son appartenance ou sa région. Les mots arabe, berbère, amazigh, juif ou chrétien ne sont prononcés que dans une blague ou dans les HALKA ou ronde tenue à la place du marché municipal ou à celle en terre battue près du café BOUGHIOL ou s'organise également le fête foraine ou SOUIRTI animé par deux travesti sur les airs du chanteur feu Mohamed GAIR, Mouha OUMOUZOUN,Abdelhadi BELKHIAT, Abdelwahab DOUKKALI ou HAmid AZZAHIR ou les gens y assistaient en riant de plein cœur c’est la liesse à cette époque.
Les habitants de chaque quartier passaient leurs temps en se rassemblant au pied d’un mur ombré pour discuter, raconter, jouer aux cartes au damier, partager leurs expériences et vivaient le jour le jour car la notion du café est mal vu dans ce temps de 1971.
Par contre, les familles se réunissaient autour du grand père ou du père pour siroter un verre de thé à la menthe préparé avec l’eau saumâtre venant de TIZGILILANE ou remplacé par une eau qu’on allait chercher d’un puits à TAJDA, en écoutant la sagesse des aïeuls, chose qui relevait actuellement du passé
Les gens étaient très attachés aux principes de la vie, aux coutumes, au bon voisinage et patriotiques.
 

 

Photos/ 1.Centre-ville ou cantina des années 1966/74
2. SouK ElHad 1968/72
3. Souk Elhad 1971/1974 Portail

 

4.Souk Elhad  1971/1974

77. Ouarzazate avant  la junte de 10 Juillet 1971 par Mohammed BAYOUSSEF et Lhassane Mazouz
77. Ouarzazate avant  la junte de 10 Juillet 1971 par Mohammed BAYOUSSEF et Lhassane Mazouz
77. Ouarzazate avant  la junte de 10 Juillet 1971 par Mohammed BAYOUSSEF et Lhassane Mazouz
77. Ouarzazate avant  la junte de 10 Juillet 1971 par Mohammed BAYOUSSEF et Lhassane Mazouz
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