Le fameux homme-singe de 1938 à 1946. Ce nom lui a été donné par les européens dit les Roumis. Les gens du pays l’appellent “l’homme nu”. Il s’appelle "Asso Bourouis” que le jeunes de son douar Sidi Falah taquinent et s’éclipsent dans les ruelles. Il erre dans les souks et près des marabouts.
Sur un corps mince et nerveux, aux longues jambes musclées s’attache, presqu’à niveau des épaules une petite tête au crâne rasé, arrondi, au front bas et fuyant. Les narines s’ouvrent au-dessus d’une bouche largement fendue dont la lèvre inférieure proéminente cache presque le menton. Entre les grandes oreilles très écartées les arcs sourciliers saillent, ainsi que les maxillaires. Il est atteint d'une maladie cérébrale très rare la microcéphalie
Asso n’a qu’une loque autour du cou, et, lui ceignant les reins, un cordon qui devrait logiquement soutenir un pagne. Mais il a horreur des vêtements, qu’il met en pièces quand on lui en offre, et vit hiver comme été dans un complet état de nudité. Fort comme un athlète, il grimpe aux palmiers comme un singe.
Il aime les friandises qui lui sont offertes qu’il mange avidement, des sous qu’il garde dans sa main fermée. Il sourit aux passants, pousse des cris inarticulés puis, pour manifester sa joie, lève les deux bras et abat violemment ses poings sur la tête d’un passant qui chancelle, et accepte en rien cette marque d’amitié. Il n’est pas fou et parle que rarement surtout lorsque quelque chose lui déplait par des claquements de la langue. Intelligent, il comprend vite ce qu’on lui dit à sa façon. Il sait faire une commission. Il connaît les maisons où on lui donne à manger, les gens qui l’aiment et ceux qui ne l’aiment pas. Il a fait beaucoup de miracles. Une série d’histoires prouvant que ceux qui l’ont maltraité, quelque puissants qu’ils fussent, marocains ou Roumis, ont reçu un châtiment aussi terrible qu’imprévu. Les gens de son douar affirment par leur commérages : Une chose dont tout le monde est sûr, c’est qu’il a été aperçu le même jour, à la même heure, par des membres d’une même famille, à la fois à Skoura et au pied de la montagne, auprès du tombeau d’un saint. On le croit plein de baraka c’est pourquoi il est respecté par les adultes et les vieux de tout Skoura.
Auguste Vierset. Extrait de : Du Rif au Grand Atlas. Ed. de Belgique 1939 
François Bonjean. Extrait de : Au Maroc en roulotte. Editions Hachette 1950

76. L’homme singe de Skoura Ouarzazate lu et recopié pour vous: Bayoussef Mohammed
76. L’homme singe de Skoura Ouarzazate lu et recopié pour vous: Bayoussef Mohammed
76. L’homme singe de Skoura Ouarzazate lu et recopié pour vous: Bayoussef Mohammed
76. L’homme singe de Skoura Ouarzazate lu et recopié pour vous: Bayoussef Mohammed
76. L’homme singe de Skoura Ouarzazate lu et recopié pour vous: Bayoussef Mohammed
76. L’homme singe de Skoura Ouarzazate lu et recopié pour vous: Bayoussef Mohammed
76. L’homme singe de Skoura Ouarzazate lu et recopié pour vous: Bayoussef Mohammed
76. L’homme singe de Skoura Ouarzazate lu et recopié pour vous: Bayoussef Mohammed
Retour à l'accueil