LE RAMADAN A OUARZAZATE DANS LES ANNÉES 60/70

DEUXIÈME PARTIE

La veille et le lendemain les gens se félicitent mutuellement de l’entrée du ramadan même s’ils ne se connaissent pas et chacun prie pour l’autre en lui souhaitant bonheur, sérénité, santé et satisfaction. Dès le premier jour de ramadan, les cafés et restaurants baissaient le rideau pendant la journée et l’activité de la population baissait. Pendant ce mois les vendeurs exposaient la sucrerie la plus prisée par les citoyens (Chebbakiya de toute sorte) préparée sur place ou acheté de Marrakech dans des grosses caisses en bois. Les briouats aux amendes, les briouates farcies, Sellou et tous ces délices qu’on trouve actuellement ne sont pas dans l’agenda d’Ouarzazate de cette époque. Le Beghri,Msmen Tannourte ,tafarnoute et autres pains sont préparés à la maison. Les marchands locaux étalaient leurs marchandises de dattes originaires de la palmeraie d’Ouarzazate, Skoura, Agdez ou Zagora et de figues qui viennent des Ait Boudlal TAzarine, Skoura, Elkalaa et autres produits tel les œufs. A vrai dire durant cette époque, on ne trouvait au souk hebdomadaire du dimanche sis à la place du palais des congrès actuel que des légumes classiques : oignons, tomates, pomme de terre, navets, carottes, courgettes, aubergines et certains fruits tel, les pèches, les pommes et les poires qui viennent des oasis de Fint, les Ait Boudlal ainsi que les villages limitrophes Ghalil et autres. Certains légumes et fruits qui n’entraient pas encore dans les traditions culinaires des populations locales viennent de Marrakech ou d’Agadir et dont les principaux distributeurs sont DIMITRI ,KAJJA et Ssi MBARK connu sous JALOUQ. Certes, dans les années 60/70 même le marché central est peu fréquenté par la population locale on lui préfère le souk.
Le ramadan, était dans les années 1970 bien plus ancré dans les coutumes cultuelles et culturelles que la prière, symbolise désormais à Ouarzazate un mois de solidarité, de recueil, d’échanges de visites, et de tolérance entre les différentes couches de la société. L'ensemble des jeunes ayant l'âge de pratiquer le ramadan le font avec fierté des exceptions existent pour les enfants qui n'ont pas atteint la puberté qui essaient de jeuner pour une demi-journée au plus façon de se familiariser avec le ramadan.
En l’absence de la télévision, les salles de cinéma et tout autre moyen de distraction, les vieux passaient leurs journées entre la prière, la lecture du coran ou encore le jeu de cartes, tandis que les enfants et les moins jeunes passent la matinée au lit pour se trouver l’après-midi après la prière de L’ASR avec les grands à la place du marché central qui a été incendié en 2012, chez My Omar ou ASSAROUKH les Conteurs . Au tour de la halka genre de cercle se trouvaient toutes les classes de la société de Ouarzazate dont certains ne manquaient aucun jour tel le moqadem et gardien de nuit OUCHEN (Photo ci-joint). En effet, depuis le premier jour le conteur ASSAROUKH OU MY OMAR commençait une histoire de 28 épisodes tel ALAZALIYA ou ALAANTARIA avec un style captif et attrayant ce qui obligeait l’assistance à revenir le lendemain pour terminer la scène. Par ailleurs, le livre et le bouquinage étaient l’une des passions favorites des élèves du collège au cours de ce mois et c’est chez feu TLEMSANI ABDELLATIF surnommé l’avocat des pauvres qu’ils s’approvisionnaient en BD(Zembla,Akim, Blek le roc, Ombrax,,Capitan Swing,Kiwi,Nevada etc, ), photos romans et romans littéraires d’occasion. Pour ceux qui ont de l’argent à coté ils achetaient les nouveaux bouquins et romans de chez Antoniou à la papeterie Atlas qui font par la suite le tour de presque toute la ville. Le football et son tournoi est une autre passion pour passer l’après midi pour certains, sans oublier au passage l’incontournable maison des jeunes au quartier administratif pour jouer au tennis de table ou participer à une activité culturelle.
Lorsque le soleil se couche sur Ouarzazate et vient l’heure du Maghreb, l’adhan prévenait les fidèles qu’ils pouvaient enfin rompre leur jeûne avec des coups de canon, une puissante sirène est diffusée dans presque toute la ville.et la magique ampoule sur le minaret de la mosquée SOMALIE s'allumait.C’est le signal pour le ftour.

69.LE RAMADAN A OUARZAZATE DANS LES ANNÉES 60/70 : ENTRÉE DU RAMADAN Par M.BAYOUSSEF
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69.LE RAMADAN A OUARZAZATE DANS LES ANNÉES 60/70 : ENTRÉE DU RAMADAN Par M.BAYOUSSEF
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